top of page
Gestion-stress-férédrique-delrieu-psychologue-performance-sport.jpg
Formation-régulation-émotion-direction-Frédérique-delrieu.jpg

Stress et émotions

Définitions du stress : modèles de Selye et de Lazarus et Folkman (1984)

Les stresseurs ?

​Stress normal et stress pathologique.

Bon stress et mauvais stress : le niveau de stress optimal.

Les stratégies d'adaptation et de coping.

 

En quoi consiste la gestion du stress ?

 

Le stress chronique.

 

Le stress traumatique ; l’état de stress post-traumatique.

Gestion-stress-frédérique-delrieu-psychologue.jpg

 

Stress et émotions

    Avant de définir les niveaux et états de stress, il convient de différencier le stress des émotions. L’anxiété relative à un épisode de vie court est une émotion (à différencier d’un état anxieux, qui lui perdure dans le temps et qui peut aussi être un trait de personnalité).
Cette différenciation ne nie cependant pas les relations mises en évidence entre stress et émotions. Énormément de chercheurs ont adopté le consensus selon lequel l’anxiété par exemple est une répercussion du stress.

 

     Lazarus (un chercheur dont les travaux sont indissociables du mot stress), a dans un premier temps traité les deux sujets (émotions et stress) dans des ouvrages de recherches distincts dont l’un aboutira au modèle transactionnel du stress de Lazarus & Folkman (1984) (1) défini plus bas. Le stress y est défini comme « Une transaction entre une personne et son environnement, dans laquelle cette personne évalue la situation comme dépassant ses ressources et pouvant mettre en danger son bien-être ». Lazarus définira même par le terme spécifique de coping, les stratégies d’adaptation au stress que nous utilisons. Cependant, dix années plus tard, en 1993, Lazarus commencera à soutenir que le stress et l’émotion devraient être examinés comme un seul sujet complexe, il mettra l’émotion au centre de son modèle considérant qu’elle englobe tous les phénomènes importants de stress. « Nous croyons que les émotions permettent une compréhension beaucoup plus riche des luttes d'adaptation des animaux humains et infrahumains » (Lazarus 2000) (2). En 2011, une équipe de chercheurs, Delelis et all(3) concluent que l’utilisation des stratégies de régulation émotionnelle semble bien liée aux stratégies de coping que les personnes mettront en place, lorsqu’elles sont confrontées à des situations émotionnelles.

Mais alors pourquoi différencier stress et émotions ?

 

     Déjà parce que comme le considère John et Gross (2007) (4), la régulation émotionnelle et le coping ne se recouvrent qu’en partie du fait que les activités de coping sont orientées, par définition, vers les situations blessantes ou menaçantes, ce qui n’est pas le cas des stratégies de régulation émotionnelle.
    Ensuite du fait que lorsque qu’on considère le stress comme une « mise en tension » physique et psychique, il ne s’agit pas d’une émotion négative, mais une réponse « en cascade » de l’ensemble du corps face à un défi a relever ou une menace (réelle ou supposée). Cette mise en tension, est un état d’alerte qui peut générer de l’aversion et des émotions négatives, mais qui est destiné à mobiliser toutes nos ressources. Ces ressources nous sont nécessaires pour affronter la situation (ou pour fuir). Du fait que notre système nerveux  végétatif (sur lequel la pensé a peu de prise) est impliqué, il est possible d’intervenir sur l’état de stress par des méthodes appropriées, et en conséquence d’être apte (et non paralysé) à utiliser nos ressources. Pour en savoir plus sur le système nerveux végétatif : visiter la page approche psychocorporelle.
Cependant, les relations existantes entre stress et émotions, et leur complexité, font que mes interventions, destinées à améliorer la gestion du stress, incluent la reconnaissance des émotions et leur régulation. Les méthodes d’intervention sur ces deux phénomènes étant assez identiques, du moins dans le champ de la psychologie de la performance et du sport.

Le stress "normal" ou aigu, le stress pathologique. 

     Lorsque j’entends parler de stress dans le langage courant, souvent, c’est d’hyperstress voire de stress chronique ou d’anxiété dont il s’agit. J’entends aussi parler de bon stress et de mauvais stress. Autant de termes à spécifier.

Seyle.jpg

     Les concepts de stress et de syndrome général d'adaptation sont venus à Selye en 1925 en observant des patients face à leur maladie alors qu'il étudiait la médecine à l'Université de Prague.

 

      « Le changement brutal survenant dans les habitudes d'une personne, jusque-là bien équilibrée, est susceptible de déclencher un bouleversement dans sa structure psychique, et même somatique. »

 

Par la suite, il a développé les concepts d'Eustress qui signifie littéralement « bon stress » et de « distrais » ou stress négatif. Ces concepts  sont mal compris du fait d’un vocabulaire qui porte à confusion, comme nous le verrons plus loin.

La définition du stress de Hans Selye, professeur émérite à l’Université de Montréal

Hans Selye fera du stress l'objet d'étude de l'ensemble de sa carrière scientifique, il le défini comme étant : 

 

« L'ensemble des moyens physiologiques et psychologiques mis en œuvre par une personne pour s'adapter à un événement donné » (5).

On doit à Selye l’entré du stress prolongé dans le répertoire des pathologies médicales, après la publication de son ouvrage "Le Stress de la vie", en 1956, dans lequel il informe du diagnostic de syndrome général d’adaptation. C’est-à-dire :

« L’ensemble des modifications qui permettent à un organisme de supporter les conséquences  physiopathologiques d’un traumatisme naturel ou opératoire » (6).

Le syndrome général d'adaptation (schéma ci-contre) que provoque le stress se divise en trois phases.

La première réalise la réaction d'alarme (choc et contre-choc) et implique l'axe hypothalamo-sympathico-adrénergique, axe rapide qui répond au stresseur (stimulus stressant).

La seconde est la phase de résistance, dans laquelle intervient le système CRH, axe lent, avec libération de glucocorticoïdes (principalement le cortisol chez l’homme).

 La troisième est la phase d'épuisement qui correspond à un état de stress chronique dans lequel les récepteurs du système nerveux central deviennent moins sensibles aux glucocorticoïdes qui submergent l'organisme. L'hippocampe, saturé de cortisol ne peut plus assurer la régulation. Le cortisol envahit le cerveau et installe une dépression. Les zones altérées sont principalement l'hippocampe, l'amygdale, le cortex cingulaire antérieur et le cortex préfrontal. 

Syndrome Adapatation stress-psychologie.jpg

Dans le modèle de Selye (qui était endocrinologue),

le stress implique trois systèmes neuro-hormonaux :

L'axe hypothalamo-sympathico-adrénergique.

L’axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien (appelé aussi système CRH) ou axe corticotrope.

 Le système nerveux central.

Stress- boucle CRH-psychologie-gestion stress.png

   Depuis les travaux de Selye, un concept psychobiologique du stress s’est construit sur la base d'énormément de travaux provenant de la médecine et de la psychologie. Tandis que l'imagerie médicale a grandement favorisé la compréhension des mécanismes neurobiologiques sous-jacents.
Ces données scientifiques sont des supports précieux pour la gestion du stress "normal", ainsi que pour la prévention et la prise en charge du stress pathologique. Parmi les travaux qui s'attachent aux facteurs psychologiques, on ne peut manquer de citer ceux de Lazarus et ses collègues.

Le modèle transactionnel du stress de Lazarus & Folkman (1984) (1)


     Alors que dans le modèle de Seyle, l’organisme réagit à des stresseurs, c’est-à-dire à des circonstances, Lazarus et Folkman introduisent une conception nouvelle du stress : l’évaluation cognitive des événements.
Pour ces auteurs, le stress est « une relation entre une  personne et son environnement, qui peut être évaluée par cette personne comme tarissant ou excédant ses ressources et menaçant son bien-être ».

Par ailleurs, « ce ne sont pas les événements eux-mêmes qui déterminent l’apparition d’un état de stress  », mais des processus cognitifs, qui se mettent en œuvre lorsque le contrôle perçu sur une situation n’est pas évalué comme suffisant. Lazarus et Folkman nommeront ces stratégies « coping », (du verbe anglais « to cope with » qui signifie « faire face à »), que les auteurs se proposent de modéliser.


Lazarus et Folkman définissent le coping comme « les efforts cognitifs et comportementaux pour maîtriser, réduire  ou tolérer les exigences internes et/ou externes créées par la transaction stressante. » (1) .

Stress Controle perçu-frédérique-delrieu-psychologue.jpg
 modèle transactionnel du stress de Lazarus & Folkman (1984)

Les stresseurs, données issues de la recherche sur le stress.

Une-trop-forte-demande-sans-soutien-génère-stress-psychologie.jpg


     Pour Seymour Levine : la nouveauté, l’imprévisibilité et le manque de contrôle

influencent la modulation de la réponse biologique de stress (7).


Une situation stressante peut être de différentes natures :


Un challenge ou un défi (examen, compétition par exemple)

 

Une menace à laquelle il est nécessaire de réagir.

 

Événements qui impliquent une perte ou un préjudice


La perception d’une divergence entre la demande de l’environnement et la capacité du sujet à y répondre.

 

De nouvelles études semblent montrer que le stress est contagieux.

 

Exemples de contexte pouvant générer un état de stress prolongé :

Une forte demande psychologique, une faible latitude décisionnelle et un faible soutien.

Un déséquilibre entre des efforts élevés et des récompenses faibles (Siegrist, 1996)

Un écart entre les aspirations de l’individu et la réalité vécue.

formation-Stress-contrôle-perçu-situation-haute-savoie-suisse.jpg

Les pics de stress aigu sont adaptatifs.


Le stress active l’organisme, il met en jeu de multiples médiateurs, neurotransmetteurs, neuropeptides et hormones, coordonnés dans le temps et l’espace.

Gestion-stress-action-stress-organisme.jpg
Formation-gestion-stress-aigu-adapatatif-haute-savoie-suisse.jpg
formation-gestion-stress-sport-extrême-haute-savoie-suisse.jpg

Phase d'alarme.

→ sécrétion d'adrénaline afin de préparer le corps à répondre à un état de stress.

La force musculaire, les sens et les réflexes se décuplent.


Le rythme respiratoire s’accélère → l’organisme dispose de plus d’oxygène.


Le rythme cardiaque augmente → favorisant les divers métabolismes.


Les rythmes cérébraux deviennent plus rapides.


Les muscles sont stimulés par un apport accru d’oxygène et de sucre.

Les défenses immunitaires deviennent plus actives (sécrétion des hormones impliquées).

Inhibition des fonctions coûteuses en énergie telles que la digestion, la croissance et la reproduction.

Suite à la phase d’alerte et la libération d’adrénaline, la phase de résistance au stress correspond à une libération d’hormones afin de nous permettre de faire face à la situation de façon appropriée. Les différents systèmes neurobiologiques impliqués libèrent des endorphines, de la dopamine, de la sérotonine et du cortisol.
Lorsque l’épisode de stress n’est pas trop long pour un individu et ne dépasse pas son seuil de tolérance, on parle de stress adaptatif.

Le stress adaptatif implique un retour à un état d'équilibre. 
Lorsque l’intensité du stress est trop importante, la réponse de l’individu à la situation n’est généralement pas bonne.
Lorsque le stress s’installe de manière durable, il devient chronique. Le stress chronique conduit à diverses pathologies du fait de la tension psychologique et d’une dysrégulation des divers mécanismes du stress, comme par exemple la sécrétion ininterrompue de cortisol. On constate généralement un épuisement physique et psychologique.

gestion-Stress Adaptatif-psychologie.png
Formation-Gestion-Stress-chronique-épuisement-.jpg

Son action peut être bénéfique et nous pousser à réussir.

​Le stress peut aussi être néfaste et nous déstabiliser complètement.

Gestion-stress-frédérique-delrieu-psychologue.png

À retenir.

Le stress est une réponse adaptative indispensable et nécessaire à la survie.

Le stress se déclenche lorsqu’un événement est important pour un individu.

Le stress a des répercussions sur notre santé mentale et physique.

     Bon stress, mauvais stress ?

 

Selye cité plus haut met de l'avant le concept d'Eustress qui signifierait bon stress. Selon lui, il existerait un stress positif et un stress négatif. Un stress négatif ne permettrait pas un retour à l'équilibre, mais alimenterait l'état de détresse de l'organisme causé par les stimuli.

Mais cette conception doit être précisée : il n'existe pas de bon stress ni de mauvais stress, mais un niveau de stress qui permet de répondre aux exigences de l’environnement ou de réaliser une tâche qui nécessite d’engager beaucoup de ressources. Ce niveau de stress diffère d'un individu à l'autre.

Gestion-Niveau-Stress-ffrédérique-delrieu-psychologue.jpg

Les stratégies d’ajustement ou d’adaptation au stress : le coping.

    Les stratégies d’ajustement peuvent prendre différentes formes, Lazarus et Folkman (1984)(1) les définissent comme :

« L’ensemble des efforts cognitifs et comportementaux destinés à maîtriser, réduire ou tolérer les exigences internes ou externes qui menacent ou dépassent les ressources d’un individu."

Dans le modèle, Lazarus et Folkman (1984) (schéma plus haut), ces stratégies prennent deux formes principales :
- Les stratégies centrées sur le problème.
- Les stratégies centrées sur les émotions.

    Les stratégies centrées sur le problème sont qualifiées d’actives du fait qu’elle consiste à des actions de tentative de résolution ou d’amélioration de la situation qui pose problème. S’organiser dans le temps par exemple est une stratégie, acquérir des compétences en est une autre.
    Les stratégies centrées sur les émotions sont les moyens mis en place afin de tenter de modifier la réponse émotionnelle à un stresseur (diminution de la tension). On est là dans la régulation émotionnelle, avec son lot de stratégies parfois adaptées comme la réévaluation cognitive, parfois mal adaptées comme lorsque nous nions nos émotions.


    D’autres auteurs considèrent également la stratégie de « recadrage » qui consiste à modifier l’idée que l’on se fait de la situation ainsi que la perception que l’on en a. Ce qui est une stratégie que je classe avec celles de régulation émotionnelle (ré-évaluation cognitive), et que je ne différencie pas des stratégies centrées sur les émotions.


On peut différencier les autres stratégies, selon qu’elles visent la résolution du problème générateur de stress ou l’amélioration du bien-être malgré la persistance de la situation problème.


La gestion du stress physiologique par des activités qui permettent la relaxation ou un vécu plaisant est également une stratégie, la situation problématique est inchangée, mais le corps ne subit pas autant les conséquences du stress. Certaines méthodes sont particulièrement efficaces.


L’utilisation de la pleine conscience consiste à apprendre à moins réagir aux situations stressantes et à accepter ce que l’on ne peut changer.


Parmi les stratégies mal adaptées, on va trouver l’abus de substances, les addictions, l’évitement des situations stressantes, « etc. ».

Gestion du stress au quotidien et dans les moments clés.

 

     Ce que l'on nomme gestion du stress à proprement parler concerne le stress normal ou aigu (les pics de stress). On a vu que le stress est nécessaire à la mobilisation de nos ressources, et que cette faculté à les mobiliser ne peut pas être utilisée de façon permanente. Nous avons besoin de temps de récupération, d'un équilibre. Autrement dit, la psychologue que je suis, dit oui à plus d'états de performance optimale, en respectant l'équilibre des individus qui nécessite absolument des temps de farniente et de relaxation. Ceci dit, en apprenant à bien "redescendre" après des épisodes de stress intense, ces derniers peuvent être multipliés.

Cette gestion ne concerne pas  les individus qui présentent un syndrome de stress chronique  ou un syndrome de stress traumatique, pour lesquels la réhabilitation ou une psychothérapie s'impose.

Gestion-Stress-psychologie-performance-sport.jpg

La gestion du stress va dépendre à la fois des individus,

des situations génératrices de stress pour cet individu et du moment où l’on va intervenir.

La gestion du stress au quotidien et dans les moments clefs vise :

L’accomplissement des objectifs d’un individu

L’augmentation du bien-être
La prévention du stress chronique

Savoir générer un bon niveau de stress lorsque qu’une mobilisation maximale est nécessaire.

Savoir réduire les niveaux de stress non-nécessaires.

Savoir réduire l' hyperstress.

Savoir récupérer des périodes de stress.

Savoir reconnaître les prémisses d’un stress chronique
Une définition d’objectifs réalistes (et leur planification).

Comme pour toute compétence, posséder des connaissances sur le phénomène (ici le stress) , le reconnaître dans ses différentes formes, le différencier des émotions et se connaître sont des incontournables. Les différences interindividuelles de niveau de stress sont une réalité, et le gérer sera plus simple pour certains que pour d’autres.
Ce qui signifie qu’une fois les connaissances sur le stress acquises, il va falloir mettre en évidences ses stratégies habituelles afin de considérer ce qu’il est opportun de modifier ou de conserver et les compétences à acquérir.
Plusieurs méthodes sont applicables pour ce qui concerne les dimensions biologiques et psychologiques du stress. Principalement les méthodes cognitives comportementales, les méthodes psychocorporelles et la méditation de pleine conscience. Ces méthodes doivent être utilisées durant une phase d’entraînement avant de devenir des habitudes qui par la suite pourront se transformer en traits de fonctionnements d’un individu.

     Un haut niveau de stress aigu ne pose pas de problème à qui sait comment revenir à un état plus calme à temps.


     Mes interventions considèrent aussi la régulation émotionnelle dont l’exposé ci-dessus montre la nécessité du fait des relations entre le stress et les émotions, et de la tendance à nier les émotions. Tous les points et les stratégies de coping énoncés plus haut constituent des éléments à travailler pour acquérir une bonne gestion du stress.

 

Le stress ultradien.

Les rythmes (circadiens, ultradiens et infradiens) de l’être humain sont à respecter autant que possible. Lorsque l'on altère ces rythmes, on peut s’attendre à des malaises, le décalage horaire étant un exemple. On se sent alors souvent fatigué, ensommeillé ou même confus. Les personnes particulièrement stressées perdent souvent leur rythme. L’organisme entier suit l’appel de ces rythmes avec une durée de 90-120 minutes, plus de douze fois par jour, tous les jours de notre vie.

Il est nécessaire, afin d’obtenir une performance efficace, d’apprendre à 

« niveler les vallées » pour « relever les sommets ».

Le stress ultradien en 4 phases.

→ 1ère phase– les signaux indiquant le besoin d’une

pause pour récupérer de l’énergie et pour briser le cycle

de stress généré par l’activité.

Ce sont les premières suggestions de l’esprit et du corps

qui nous préviennent qu’il est nécessaire de s’arrêter.

Ces signes nous communiquent que la période de pause

de 20 minutes devrait commencer. Ces périodes de

récupération peuvent être optimisées par l'usage de

diverses méthodes.

→ 2ème phase → Intoxiqués par nos hormones, nous

ne sommes plus capables de débrancher.

Il faudrait alors se forcer un peu pour s’adonner à la récupération.

 

→ 3ème phase → le nœud d’un fonctionnement délétère.

Réprimer le besoin de repos mène au dysfonctionnement du corps et du système nerveux. Sans nous en rendre compte, nous tombons dans un état de stress croissant et nos fonctions sont hors d’usage. Cette phase est une succession d’erreurs d’appréciation, de mauvaises décisions, d’erreurs répétées en écrivant et en faisant des calculs, de troubles de la mémoire, de mots qui vous échappent, de crises d’impatience et d’incompréhensions interpersonnelles.

 

→ 4ème phase → le corps se rebelle. État de stress pathologique.

À ce point, il est très difficile de sentir encore les appels de la nature liés au besoin d’une pause de l’organisme, on chute dans la dernière phase, destructive, du syndrome de stress ultradien. Qui crée une série de dysfonctions, répartis dans quatre domaines : des problèmes de sommeil, des troubles gastro-intestinaux, des problèmes cardiaques, l’espérance de vie est réduite.

Les 3ème et 4ème phase relèvent de la réhabilitation (individuelle ou au sein d'une organisation) ou de la psychothérapie. Et au-delà, de ce que l'on nomme la prévention tertiaire, c'est-à-dire faire en sorte que ces états de stress ne se renouvellent pas.

Rythme-Ultradien-frédérique-delrieu-psychologue.jpg

Le stress pathologique

Reconaitre-état-stress-installé-psychologie-santé-mentale-positive.jpg

Le stress chronique

      Sans stress, nous ne pourrions pas monopoliser les ressources nécessaires aux actions énergivores ni réagir dans l'urgence. Mais de nombreux travaux démontrent que les modifications hormonales qui surviennent en cas de stress ne sont pas destinées à durer longtemps. Une fois le danger écarté, le taux d’hormones doit revenir à la normale. Le stress chronique est un état de stress qui devient quasi permanent et se prolonge jusqu’à l’épuisement avec son lot de pathologies médicales et de troubles psychologiques tels que le trouble dépressif et la dysrégulation émotionnelle, « etc.».

J’ai montré ci-dessous comment le stress ultradien pouvait devenir pathologique, il en va de même pour avec les autres sources de stress. Être très attentif à l’installation du stress relève de la santé globale des individus et des groupes. Plusieurs études de grande envergure le démontrent. Notre corps et notre cerveau maintiennent leur fonctionnement normal par de délicates et précises interactions entre plusieurs systèmes. Lorsque le système du stress dysfonctionne, il entraîne en cascade des dysfonctionnements d’autres systèmes biologiques  (Régulation du taux d’insuline, système immunitaire, « etc. »).

                  

 

    

     Le stress pathologique coûte des millions d’euros chaque année. Il est largement préférable de confier l’évaluation des stresseurs et de l’intensité du stress à des spécialistes, capables de proposer des interventions de prévention ou de réhabilitation.Selon l’INRS, la démarche de prévention du stress au travail doit privilégier une démarche de prévention collective, centrée sur le travail et son organisation. Elle suppose un ensemble de conditions réunies : engagement de la direction, implication des représentants du personnel, participation des salariés… (9)

Gestion-Stress-au-travail.jpg
Stress-Troubles-Conduites-psychologie.jpg



                   Le stress chronique est une désadaptation conduisant à la pathologie. (10) 

     C’est un état qui concerne énormément de personnes et d’organisation. Outre les effets néfastes pour la santé, le stress chronique engendre un manque d’efficacité, un défaut de concentration, de la démotivation. Ce qui de facto va se répercuter sur les relations interpersonnelles et l’ambiance des groupes. Au travail, le stress installé peut provoquer de l’absentéisme et le burn-out.
Des signes permettent de reconnaître un état de stress prolongé, tandis que les psychologues disposent d’outils permettant de discerner les facteurs (individuels ou structurels) sur lesquels ils pourront agir durant leurs interventions.

 

 

     Trop de stress entraîne une série de dysfonctions : des problèmes de sommeil, des troubles gastro-intestinaux, des problèmes cardiaques, du diabète de Type II et de résistance à l’insuline. Le système immunitaire est perturbé et l’espérance de vie est réduite. Quant aux personnes sensibles au stress et qui pensent que le stress affecte leur santé elle ont effectivement deux fois plus de risque que les autres de faire une crise cardiaque.(8)

 

        L’amygdale dont une des fonctions est de détecter les dangers va être alimenté en permanence par l’hippocampe qui va aller chercher les indices qui se rapprochent du contexte initial (ces indices, tels qu’une odeur, peuvent n’avoir aucun rapport avec l’aspect difficile de l’événement qui a déclenché le traumatisme).


    L’ESPT est un ensemble de symptômes caractéristiques qui se développe suite à l'exposition à un ou des événements traumatiques.
Selon les critères diagnostiques du DSM-5 (manuel diagnostic des troubles mentaux), ces symptômes sont de quatre types : la reviviscence ; l'évitement ; les altérations négatives persistantes dans les cognitions et l'humeur ; l'hyper-réactivité.
Le diagnostic de stress post-traumatique ne peut être posé qu'un mois après l'exposition à un ou des événement(s) traumatique(s).
Lorsque l'exposition est plus récente (3 jours à 1 mois), un diagnostic de stress aigu peut être considéré.

      Les ESPT sont des états très difficiles à vivre qui peuvent entraîner des états dissociatifs, et sont long à soigner. Aussi les prévenir est d’une importance cruciale. En savoir plus en fin de la page "interventions gestion du  stress".

Le traumatisme vicariant ou « usure de compassion ».

« La compassion que vous avez d'abord ressentie s'estompe pour faire place à des sentiments d'impuissance, de doute, de culpabilité, de colère et de perte d'espoir dans l'avenir.» (11)
Un traumatisme vicariant est un traumatisme apparu chez une personne « contaminée » par le vécu traumatique d’une autre personne avec laquelle elle est en contact. (12)

Le traumatisme vicariant concerne les personnes qui évoluent en contexte de relation d’aide à des personnes ou des patients qui ont vécu et relatent des expériences particulièrement difficiles, c’est pour cela qu’on dit aussi qu’il s’agit d’un traumatisme secondaire. Cette confrontation régulière à la détresse et à la souffrance humaine peut générer un état de stress comparable à un état de stress post-traumatique. La fatigue de compassion, qui n’est pas un épuisement physique se prévient par des stratégies adaptées et se prend en charge.

Le stress aigu traumatique, l'état de stress post-traumatique

    L'état de stress post-traumatique (ESPT) survient lorsqu’une personne subit ou voit subir par d’autres un événement traumatisant et générateur d’une détresse importante et soudaine. Ce peut être un événement tel qu’un vol à main armée, un accident de la route, une catastrophe naturelle, une expérience de guerre, des sévices physiques (comme un viol), des sévices psychologiques (comme la maltraitance, l’emprise ou le harcèlement, dans ces cas il y a souvent répétition), « etc. ». La détresse est ressentie aussi du fait d’une atteinte à l’intégrité psychique de l’individu victime de l’événement, ce qui est de la violence psychologique.

   

    Il existe deux types principaux d’événements pouvant conduire à un ESPT.

Type  1 : un événement unique .

Type 2 ; événements multiples et répétés (par exemple de type maltraitance).

  

L'ESPT est une clinique de l'enfermement.

Le mécanisme initial de l'ESPT est un conditionnement de peur qui implique l’amygdale et l’hippocampe. Auquel succédera une réorganisation cérébrale.

Psychologie-Cortex-Stress-post-traumatique.jpg
ESPT-Clinique-de-l'enfermement-psychologue-delrieu.jpg
chronologie-diagnostic-ESPT-frédérique-delrieu.jpg

Mes interventions


 Cet aperçu de ce que l’on nomme stress impose de considérer des interventions très différentes. La prise en charge d’un ESPT avéré est incomparable à une intervention destinée à réduire le trac ou a une autre qui vise l' optimisation de la performance.

Gestion du stress

Pour optimiser la performance et le bien-être.

sérénité

Prévention

Du stress chronique.

Des états de stress post-traumatique.

Réhabilitation

Quand le stress chronique s'est installé. Au niveau individuel ou au sein d'une organisation

Psychothérapie

Burnout.Troubles de l'humeur Dysrégulation émotionnelle.

Stress post-traumatique

→ Les interventions de prévention, réhabilitation.


Au niveau des organisations d’autres interventions  peuvent être envisagée dans une approche plus globale  de  la santé mentale positive et du bien-être.

Références.

(1) Lazarus et Folkman, (1984). Stress apraisal et coping. Springer Publishing Company New York 1984.

(2)Lazarus R.S (2000). How Emotions Influence Performance in Competitive Sports. In the Sport Psychologist. Volume 14 : Issue 3 Pages : 229–252. 2000.

(3) Delelis Gérald, Véronique Christophe, Sophie Berjot, Caroline Desombre (2011). Stratégies de régulation émotionnelle et de coping : quels liens ?  Dans Bulletin de psychologie 2011/5 (Numéro 515), pages 471 à 479.

(4)Gross, J. J, Tamir, M., John, O. P. &.  Srivastava, S. (2007). Implicit theories of emotion: Affective and social outcomes across a major life transition. Journal of Personality and Social Psychology, 92(4), 731–744.

(5) Hans Selye, Le stress de la vie (The Stress of life, 1956), Éditions Gallimard, 1962, 464 p. (ISBN 978-2-07-029191-5).

(6)The Stress of Life (en français Le Stress de la vie, éditions Gallimard, ( éd. en 1962, 2e éd. en 1975).

(7)Hennessy JW, Smotherman WP, Levine S. Conditioned taste aversion and the pituitary-adrenal

system. Behav Biol 1976 ; 16 : 413-24.

(8) Ces résultats ont été publiés dans la revue European heart Journal. Hermann Nabi, Mika Kivimäki, G. David Batty, Martin J. Shipley, Annie Britton, Eric J. Brunner, Jussi Vahtera, Cédric Lemogne, Alexis Elbaz, Archana Singh-Manoux, Increased risk of coronary heart disease among individuals reporting adverse impact of stress on their health: the Whitehall II prospective cohort study, European Heart Journal, Volume 34, Issue 34, 7 September 2013, Pages 2697–2705, https://doi.org/10.1093/eurheartj/eht216

(9)https://www.inrs.fr/risques/stress/prevention.html
(10)Le stress dans tous ses états Marie-Pierre Moisan et Michel Le Moal.Médecine/sciences
612 m/s n° 6-7, vol. 28, juin-juillet 2012.

(11) C. Figley (1995), P. Brillon (2010, 2015) A. Gounongbé (2013) De Gaulejac (2012), ASPC (2001)

(12) Gabrielle Bouvier, Hélène Dellucci Les traumatismes vicariants Dans Pratique de la psychothérapie EMDR (2017), pages 269 à 278

bottom of page