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Les concepts d’intelligence émotionnelle et de compétences émotionnelles.

Pourquoi et comment développer les compétences émotionnelles ?

  « Les dirigeants les plus efficaces se ressemblent tous d'une manière cruciale : ils ont tous un haut degré de ce que l'on appelle désormais l'intelligence émotionnelle. »
Goleman (1998)
 

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“La pensée la plus irrationnelle que vous pouvez avoir est de penser que l’homme est rationnel.”
                                                                           Neal Ashkanasy

 

                  Plus tard, António Rosa Damasio (1994) , professeur de neurologie, neurosciences et psychologie, pose et teste l’hypothèse que l’émotion joue un rôle biologique dans le raisonnement et la prise de décision, il démontra que, sans émotion, nos raisonnements sont biaisés et nos choix les plus simples peuvent déboucher sur des décisions aberrantes et élaborera sa théorie des marqueurs somatiques.

Damasio (1994)

→ les émotions sont nécessaires à la prise de décision. de par l'Incapacité humaine de traitements de l’ensemble des composantes informatives en un temps bref.

Damasio (1998)

→ Pas de décision sans traitement de l’émotion.

Les individus ne peuvent pas prendre de décisions lorsque les régions de leur cerveau associées au processus émotionnel ont été endommagées.

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Les émotions nous préparent à l'action, elles orientent nos comportements.

L'émotion

Bref résumé ci-dessous, J'ai consacré une page à l'émotion.

80 % de notre temps d’éveil est consacré au vécu émotionnel. (Moïra Mikolajczak).

Une émotion est un processus de réaction temporaire de l’organisme aux événements pertinents de l’environnement.

     Au fil du temps, l’idée que les émotions puissent être fonctionnelles a fait son chemin, pour devenir certitude ces vingt dernières années. L’on sait aujourd’hui que l’émotion est un phénomène multicomponentiel adaptatif, ayant une fonction sociale, qui génère nos comportements et nos décisions.

​1/ Une émotion est générée par un événement important pour l’individu.
2/ L’événement est évalué très rapidement, pas toujours consciemment.
3/ Cette évaluation déclenche un comportement.
.

 

      

     Edward L. Thorndike : le concept d'intelligence sociale comme facteur d'intelligence.

     En 1920 Edward L. Thorndike introduit l’idée d’une caractéristique de l’intelligence

qu’il appellera « intelligence sociale ».

Plus exactement, il défendra l’idée d’intelligences multiples, indépendantes les unes des

autres, au côté de l’intelligence abstraite mesurée par les tests classiques de QI tel le

Binet-Simon. Thorndike définira l’intelligence sociale comme :

« La capacité d’identifier ses propres états internes, motivations et comportements

(ainsi que ceux des autres), et à interagir avec autrui de manière optimale sur la base

de ces informations.» Thorndike (1920)

Les concepts d’intelligence émotionnelle (IE) et de compétences émotionnelles (CE).

     Mayer et Salovey (1990) ont été les premiers à proposer le concept d’intelligence émotionnelle (IE). Ils la conçoivent comme une habileté et la mesureront au moyen de tests de performance. Et la définiront en 1997 comme «  L’habileté de percevoir, d’évaluer et d’exprimer ses émotions, d’accéder et/ou de générer des sentiments lorsqu’ils facilitent la pensée, de comprendre les émotions et les connaissances émotionnelles et de réguler les émotions afin de promouvoir la croissance émotionnelle et intellectuelle » Mayer et Salovey (1990).


     L’ouvrage de Daniel Goleman, (1995 ;1997 ), psychologue et journaliste au New York Times, intitulé "L’Intelligence émotionnelle " a médiatisé le concept d’intelligence émotionnelle tout en générant une multitude de recherches. Goleman (1998) déduira de ses recherches que « Les dirigeants les plus efficaces se ressemblent tous d'une manière cruciale : ils ont tous un haut degré de ce que l'on appelle désormais l'intelligence émotionnelle. » Plusieurs études ont étudié l’Intelligence émotionnelle (IE) chez le sportif et notamment la corrélation entre IE et performance. Dans une revue systématique Allen, Dosseville, et Laborde (2016) montrent qu'il est avantageux pour les athlètes et les pratiquants d'avoir un IE élevé, les auteurs considèrent également « qu’il semble évident qu’il existe une relation étroite entre les émotions ressenties et l’IE », Allen, Dosseville, et Laborde (2016).



     Les concepts d’intelligence émotionnelle et de compétences émotionnelles sont deux concepts extrêmement proches. Saarni (1988) avait proposé d’utiliser le terme de compétences émotionnelles plutôt que celui d’ IE, afin de ne pas susciter de controverse scientifique vis-à-vis de l’intelligence purement cognitive, c’est également ce que fera Mikolajczak.
Il existe plusieurs modèles et moyens de mesure de l’intelligence émotionnelle. Nous pouvons distinguer les modèles par traits et ceux par habiletés. Pour dépasser cette opposition entre habileté et traits et partant du constat que la plupart des modèles d ’IE sont basés sur cinq piliers plus ou moins indépendants, soit l’identification, la compréhension, l’expression, la régulation et l’utilisation des émotions pour soi ou autrui, (Mikolajczak et al. ; 2009, p 7), Mikolajczak (2009) propose un modèle tripartite qui prends en compte trois niveaux de compétences émotionnelles : connaissances, habiletés et dispositions ou traits. Laborde, Dosseville et Allen (2016) importeront ce modèle « tripartite » dans le domaine du sport.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les compétences émotionnelles peuvent se développer tout au long de la vie.


     Alors qu’il existe des différences inter-individuelles de potentiel à utiliser l’émotion, ce modèle tripartite permet de concevoir un apprentissage et un entraînement à différentes habiletés qui pourront se fixer dans le temps en dispositions ou en traits, ainsi les compétences émotionnelles peuvent se développer tout au long de la vie.. Des recherches ont montré que les compétences émotionnelles pouvaient s’améliorer, même à l’âge adulte. Les données de celle de Mikolajczak et all (2011) menée sur cent trente-deux participants suggèrent que les compétences émotionnelles peuvent être améliorées, avec des avantages effectifs sur le fonctionnement personnel et interpersonnel d'une durée d'au moins 1 an.
Plusieurs études ont mis en évidence l’impact de bonnes compétences émotionnelles sur l’équilibre psychique et physique des individus en général ainsi que des sportifs. Elles favorisent en effet le bien-être, la performance, les relations interpersonnelles et donc sociales et plus généralement la santé, Avalosse et all (2014).

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Les compétences émotionnelles (CE), Mikolajczak (2008-2014)

 

         Cinq compétences émotionnelles majeures se déclinent sur trois niveaux pouvant être des connaissances, des habiletés (savoir-faire) ou des traits (savoir-être).

 

 

     - L’identification de ses propres émotions et celles des autres s'avère être une compétence cruciale et en même temps longue à acquérir.
 

     - La compréhension des causes et des conséquences de ses propres émotions et de celle des autres. Compréhension de l’expérience qui amène à se poser la question des besoins sous-jacents révélés par l’état émotionnel.
 

     Ces deux premières compétences impliquent forcément d’être ouvert à ses émotions et de les accepter, tout en possédant un vocabulaire assez étendu pour les discerner.


     - l’expression de ses propres émotions de façon socialement acceptable et la capacité de laisser les autres les exprimer.
 

       - La régulation de son propre stress et de celui des autres ainsi que la régulation de ses propres émotions et de celles des autres. Implique l’utilisation de stratégies diverses pouvant intervenir à différents moments de l’épisode émotionnel voire à posteriori sur des composantes différentes.


     - L’utilisation de ses émotions et de celles des autres pour accroître leur efficacité. L’utilisation consiste aussi à agir sur l’impact lorsqu’il est délétère des émotions et du stress, et donc à des actions destinées à des changements concrets.


            Les CE se déclinent donc en savoir, savoir-faire et savoir être. Nous comprendrons le bénéfice de les développer le plus tôt possible. C’est d’ailleurs ce que suggère Moïra Mikolajczak (2016) dans une conférence où elle annonce souhaiter intégrer une formation aux compétences émotionnelles à l'école. Ces CE évoluent au fur et à mesure du développement, notamment de celui du système nerveux central, et ne peuvent être totalement développées qu’à l’âge adulte. Elles se cultivent néanmoins dès l’enfance.

          De plus, la qualité de l’éducation serait corrélée aux CE des éducateurs. En effet, les enseignants ayant un niveau de compétences socio-émotionnelles plus élevé, témoignent d’une gestion de classe plus efficace, ainsi que d’une utilisation plus habile des expressions émotionnelles, de soutien verbal pour promouvoir l’enthousiasme et le plaisir d’apprendre, et pour gérer le comportement des élèves, Jennings & Greenberg, (2009).

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Ci-dessus Effets d'une de mes formations en  gestion du stress/régulation émotionnelle sur les compétences émotionnelles d’adolescents compétiteurs.

L’émotion comme
Source d’information
 
 Facilitateur de l’action
 
 Outil d’adaptation
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Mes interventions


     J’organise mes interventions selon une chronologie qui a fait ses preuves.
Mes formations en groupes se déroulent en plusieurs cycles. Un premier cycle de base concerne la gestion du stress et la régulation émotionnelle intra-personnelle. En savoir plus.

Le stress n’est pas une émotion, en même temps, il existe des liens entre les états provoqués par l’un et par l’autre, tandis qu’il convient de savoir les discerner et les gérer d'une façon fonctionnelle et adaptée à chaque situation. J’ai évalué pour un mémoire de recherche, une de mes interventions de base en gestion du stress régulation émotionnelle dispensée à un public d’adolescents skieurs de 13/15 ans. Cette intervention de six semaines a généré une augmentation très significative des compétences émotionnelles et de la régulation émotionnelle. Voir ci-dessus Effets d'une formation gestion du stress/régulation émotionnelle de six semaines, sur les compétences émotionnelles.

           Dans un premier temps, les compétences acquises durant une formation sont des « habiletés », l’individu est capable de mieux gérer ses émotions et de comprendre mieux celles des autres en mettant en application les techniques apprises pour agir sur les différentes composantes de l’épisode émotionnel. Des traits qui vont caractériser durablement l’individu ne se développent que par la suite, après de multiples régulations émotionnelles. Il est par exemple possible d’apprendre à ne plus réagir à des événements qui auparavant auraient nécessité une régulation importante, tout en ayant totalement conscience de l’émotion.


            Un programme de formation de quelques semaines, s’avère bénéfique, notamment en ce qui concerne l'amélioration de la régulation émotionnelle. Cependant, bien évidemment, il ne permet pas d’acquérir l’ensemble des compétences émotionnelles. Comme en témoigne la figure ci-dessous, toujours issue des données de mon intervention sur de jeunes adolescents skieurs compétiteurs. Plus les barres bleues tendent vers la droite, et plus les compétences concernées ont été améliorées. Les résultats montrent qu’il faut un peu plus de temps pour modifier les stratégies moins adaptées mise en place par les individus au cours de leur développement, ainsi que pour acquérir des compétences intersubjectives. Tandis que la reconnaissance des émotions et l’utilisation des émotions demandent encore à être travaillées.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ci-dessus Effets d'une de mes formation "gestion du stress/régulation émotionnelle" , sur les compétences

émotionnelles. Formation d'une durée de  six semaines,  public d'adolescents compétiteurs.



            Une fois des compétences de base acquises durant une première intervention et en fonction de la demande et des évaluations, j’oriente mes interventions dans différentes directions. Par exemple : 

- Il peut s’agir d’interventions destinées à améliorer davantage encore la régulation émotionnelle individuelle, à améliorer la régulation émotionnelle interpersonnelle.
- De mieux comprendre les besoins et désirs sous-tendus par l’épisode émotionnel pour orienter le comportement dans la direction de leurs satisfactions.
- De l’analyse des ressources présentes et de celles à acquérir ou renforcer, de la hiérarchisation de la composante motivationnelle.
- Ou d'orienter les interventions sur d’autres facteurs entrant en jeu comme la personnalité, les états subjectifs, ainsi que la variabilité de réponses physiologiques, etc.

 

       J'ai qualifié toutes mes interventions sur mesure d'interventions spécifiques. En savoir plus sur les modalités.

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Méthode P.D.C.A,
fonctionnement par cycles.

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